Deuil national


En ce jour de deuil national, le Conseil central laïque tient à exprimer ses condoléances et son soutien à toutes les victimes des inondations qui ont frappé notre pays la semaine dernière. Devoir parfois abandonner dans de pareilles conditions d’urgence ses proches, être dans l’incertitude quant à leur sort: la souffrance et le chagrin humains sont immenses.

Des milliers de personnes ont également perdu leurs biens. Des maisons, du mobilier, ont été détruits. L’endroit où par définition vous devriez vous sentir en sécurité a été perdu avec tout ce que cela peut entraîner sur le plan psychologique. Idem pour des personnes qui ont vu leur entreprise ou leur lieu de travail emporté par les flots. Il s’agit de bien plus que de dégâts matériels. C’est souvent l’œuvre d’une vie qui s’est évaporée.

Pour aider à faire face à ces événements, le Conseil central laïque restera fidèle à sa mission d’assistance morale. Pour aider chacun à traverser le processus de deuil. Pour aider chacun à reprendre le fil de son existence.

Dans le même temps, nous demandons à toutes les autorités compétentes et aux compagnies d’assurance privées de prendre et assumer leurs responsabilités. La reconstruction sera coûteuse en argent comme en énergie mais elle est une obligation. Rien ne serait pire pour les personnes touchées que de subir deux tragédies: la misère des inondations et l’incertitude quant au soutien indispensable pour se remettre.

Cette déclaration de soutien et d’appel comprend également un mot de remerciement spécial à tous les premiers intervenants: membres de la Protection civile, des pompiers, des services médicaux d’urgence, de l’armée, de la police et des bénévoles. Dans des circonstances précaires, tout était possible et souvent l’impossible a été fait. L’importance de ces soins d’urgence est trop souvent considérée comme allant de soi.

Saisir cette tragédie comme un moment de basculement

Bouche bée, nous avons tous regardé les images choquantes de ces inondations incroyables. Les premières réactions et analyses scientifiques laissent peu ou pas de doute: cette force de la nature est en partie le résultat de l’activité humaine. De plus en plus, les événements météorologiques extrêmes mettront à l’épreuve la cohésion des sociétés, ici et ailleurs dans le monde. Qui paie pour les dommages environnementaux? Qui doit changer son comportement? Qui accueille les réfugiés climatiques? Qui paiera pour la transition vers une économie durable? La réponse la plus simple à toutes ces questions est de commencer à se regarder dans le miroir.

Nous sommes donc confrontés à un choix important: soit nous permettons à ce gigantesque défi climatique de nous éloigner de plus en plus et d’aiguiser encore davantage des intérêts opposés. Ou nous choisissons de relever ce défi ensemble car nous prenons enfin conscience que ce n’est qu’ainsi que nous pourrons le surmonter. Parce que nous savons que c’est travailler au bien commun.

C’est dans des moments comme ceux-ci, assez bizarrement, que nous nous sentons profondément en résonnance avec les autres, que nous ressentons quasiment physiquement la souffrance de l’autre et, alors, que nous pouvons peut-être mieux tenter de l’atténuer. Des moments où tous les désaccords et les identités n’ont plus la même importance. Des moments où nous nous tenons côte à côte, silencieux et imprégnés d’un esprit humaniste.

Emparons-nous de ce moment de solidarité et transformons-le en action commune.

Véronique De Keyser, présidente du Centre d’Action Laïque
Freddy Mortier, président de deMens.nu