Picardie Laïque
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Date de publication : ven 13 Mar 2026

À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, le Centre d’Action Laïque rappelle une réalité persistante : l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être acquise en Belgique. Les femmes continuent de subir des inégalités structurelles qui affectent leur autonomie économique, leurs conditions de travail et leur santé. Aujourd’hui, les politiques actuelles risquent, non pas de corriger ces inégalités, mais de les aggraver.
Malgré les avancées obtenues grâce aux luttes féministes, les femmes continuent de se heurter à des stéréotypes de genre profondément ancrés et à des rapports de domination masculine qui structurent encore largement l’organisation sociale. Dans l’imaginaire collectif comme dans les pratiques quotidiennes, elles restent perçues comme les principales responsables du foyer, de l’éducation des enfants et de la prise en charge des proches dépendants.
Cette répartition inégalitaire des responsabilités se reflète directement dans le monde du travail. Les femmes sont majoritaires dans les métiers du care et des services aux personnes — soins de santé, aide à domicile, enseignement, accompagnement social — des secteurs essentiels au fonctionnement de la société mais historiquement dévalorisés, moins bien rémunérés et insuffisamment reconnus. Cette assignation persistante au travail du care pèse sur leurs trajectoires professionnelles et limite encore aujourd’hui leurs possibilités d’émancipation et d’autonomie économique.
Dans ce contexte, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à interrompre leur carrière pour s’occuper d’un enfant ou d’un proche, à réduire leur temps de travail ou à accepter un emploi à temps partiel afin de concilier activité professionnelle et responsabilités familiales. En Belgique, 40,5 % des femmes travaillent à temps partiel, contre seulement 12,8 % des hommes. À cela s’ajoutent des discriminations persistantes sur le marché du travail, particulièrement au moment de la maternité ou lorsqu’elles expriment le souhait d’avoir un enfant.
Ces inégalités ont également des répercussions directes sur la santé des femmes. Elles représentent aujourd’hui environ 60 % des personnes en incapacité de travail de longue durée et près de 70 % des personnes en situation de burn-out. Cette surreprésentation reflète l’effet cumulé de plusieurs facteurs : pression professionnelle, charge mentale liée à la gestion du foyer, et exposition plus fréquente au harcèlement et aux violences dans le monde du travail.
Ces données rappellent que l’égalité entre les femmes et les hommes ne se limite pas à un principe juridique. Elle suppose une transformation profonde de l’organisation sociale, du partage des responsabilités familiales et de la reconnaissance économique et symbolique des activités indispensables au maintien du lien social.
Face à ces constats, les politiques publiques devraient viser à réduire les inégalités structurelles qui affectent les femmes. Or, en Belgique, malgré certaines avancées, les causes profondes de ces inégalités et les mécanismes du système patriarcal demeurent largement intacts. Plus préoccupant encore, certaines orientations politiques actuelles risquent non seulement de les perpétuer, mais aussi de les accentuer.
Les réformes portées par le gouvernement Arizona – notamment en matière de chômage, de pensions, de fiscalité ou de flexibilisation du marché du travail – illustrent cette dynamique préoccupante. Le durcissement des conditions d’accès au chômage, la suppression de certaines périodes assimilées à des jours de travail effectif, l’introduction d’un malus pension ou encore la restriction de l’accès à la pension anticipée pénalisent directement les personnes dont les carrières sont les plus fragmentées. Or, ces trajectoires professionnelles concernent en premier lieu les femmes.
Par ailleurs, le durcissement de la prise en compte du statut de cohabitant dans l’accès au revenu d’intégration sociale risque de priver de nombreuses femmes de droits sociaux individuels et d’accroître leur dépendance économique à l’égard de leur partenaire. D’autres mesures annoncées, si elles sont mises en œuvre – comme les restrictions envisagées concernant le crédit-temps, la suppression de la pension de survie et de la pension de conjoint divorcé, le gel des avantages fiscaux liés aux enfants ou encore la réduction de la déductibilité des pensions alimentaires – fragiliseront davantage la situation socio-économique des femmes.
Le message adressé aux femmes est inadmissible : alors même qu’elles assument déjà l’essentiel du travail invisible, qu’elles sont surreprésentées dans les métiers essentiels et qu’elles portent une part majeure des solidarités familiales, elles se voient une nouvelle fois exposées à une part disproportionnée des efforts financiers.
En affaiblissant les mécanismes de solidarité collective, ces réformes risquent non seulement d’accroître la dépendance économique de nombreuses femmes, mais aussi d’aggraver les inégalités structurelles existantes, les exposant davantage à la précarité, à la pauvreté et aux violences.
Derrière ces atteintes à la Sécurité sociale se profile en réalité une atteinte directe aux droits des femmes.
Cette orientation politique est d’autant plus préoccupante qu’aucune mesure ambitieuse n’est envisagée pour améliorer concrètement les droits et les conditions de vie des femmes. Le report répété de la réforme des conditions légales d’accès à l’IVG en est une démonstration flagrante. Cette réforme, qui ne coûterait pourtant rien, est bloquée depuis des années pour des raisons exclusivement politiques. Pendant ce temps, un droit fondamental continue d’être entravé, faute de courage politique pour lever les obstacles qui en limitent l’accès effectif.
Le 8 mars nous le rappelle avec force : les droits des femmes ne reculent jamais par hasard. Ils reculent lorsque les politiques publiques refusent de voir — ou choisissent d’ignorer — les mécanismes qui produisent et entretiennent les inégalités. L’égalité ne se proclame pas. Elle exige des choix politiques clairs et courageux, capables de s’attaquer aux racines structurelles des injustices. Or les réformes actuellement envisagées, combinées au définancement progressif de la sécurité sociale, ne peuvent au contraire que les accentuer.
Le Centre d’Action Laïque appelle dès lors les autorités publiques à engager des politiques ambitieuses et structurelles pour garantir une égalité réelle entre les femmes et les hommes : une organisation du travail compatible avec la vie familiale, une lutte déterminée contre les discriminations sur le marché de l’emploi, une véritable reconnaissance et valorisation des métiers du care, un renforcement de la protection sociale et la garantie de droits économiques permettant aux femmes d’exercer pleinement leur autonomie.
Car quand la solidarité recule, ce sont toujours les droits des femmes qui reculent en premier !

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