string(9) « actualite »

Politique en matière de drogues : le CAL appelle à changer de logique

Date de publication : lun 29 Juin 2026

À l’occasion de la journée internationale du 26 juin contre l’abus et le trafic illicite de drogues, et dans le cadre de la campagne Support. Don’t Punish, le Centre d’Action Laïque publie une nouvelle note ÉduCAL consacrée à la politique en matière de drogues, ainsi que la proposition de loi du CAL, enrichie de développements, pour ouvrir une autre voie.

Une politique drogue qui montre ses limites

Aujourd’hui, la politique belge en matière de drogues repose encore principalement sur l’interdiction et la sanction. Mais plus d’un siècle de prohibition n’a pas fait disparaître les produits. Les drogues circulent, les marchés s’adaptent, les trafics prospèrent et les réseaux criminels continuent d’en tirer profit.

Cette politique produit aussi des effets très concrets : elle mobilise lourdement la police, la justice et le système pénitentiaire, tout en contribuant à la surpopulation carcérale. Elle prétend viser la grande criminalité, mais s’applique encore trop souvent, dans les faits, à des situations de détention ou d’usage. Autrement dit, une part importante de l’énergie répressive est consacrée à des personnes dont les situations relèvent davantage de la prévention, de la réduction des risques et des soins, que de la prison.

Le déséquilibre est frappant : les moyens publics restent massivement orientés vers les dispositifs policiers et judiciaires (contrôles, poursuites, sanctions pénales), alors que la prévention et la réduction des risques demeurent sous-financées. Or, c’est précisément en amont qu’il faut agir : informer, prévenir, réduire les dommages, accompagner les personnes concernées et éviter que des consommations ne se transforment en addictions et ne génèrent ainsi des situations de souffrance ou d’exclusion. 

Dans le même temps, le marché clandestin expose les usagers à des risques sanitaires majeurs. Lorsqu’une substance circule hors de tout contrôle public, personne ne peut en garantir la composition, le dosage ou l’absence de produits de coupe dangereux. La prohibition ne supprime pas ces risques : elle les rend invisibles, imprévisibles et plus difficiles à prévenir.

Soigner plutôt que punir: une autre approche des addictions

Pour le CAL, il faut donc changer de logique : la politique en matière de drogues doit être envisagée avant tout sous le prisme de la santé publique, et non sous le prisme de la prohibition et de la répression. 

Notre proposition est simple : sortir les drogues du marché clandestin pour les placer sous régulation publique. Cela ne signifie pas tout autoriser indistinctement. Cela signifie réglementer l’ensemble des drogues, mais de manière différenciée selon les produits et les risques.

Concrètement, il s’agit d’encadrer la production et la vente, de contrôler la qualité des substances, d’informer et de prévenir les citoyens, de créer des lieux de délivrance adaptés, d’appliquer une véritable stratégie de réduction des risques auprès des usagers et de faciliter l’accès aux soins lorsqu’une consommation devient problématique.

Une régulation différenciée selon les substances et leurs risques

La proposition du CAL distingue ainsi plusieurs régimes : le cannabis, les substances stimulantes et hallucinogènes, les opiacés et la cocaïne. L’objectif est de ne plus traiter toutes les substances et toutes les situations de la même manière, mais d’adapter la réponse publique aux risques réels, aux modes de consommation et aux besoins des personnes concernées.

Il ne s’agit certainement pas d’encourager la consommation. Il s’agit de refuser l’hypocrisie.

Une société libre et solidaire ne protège pas les personnes en les culpabilisant, en les éloignant des parcours de soins ou en les traitant comme des délinquants. Elle les informe correctement. Elle leur permet de comprendre les risques. Elle leur donne les moyens de faire des choix responsables. Et lorsque la consommation devient un problème d’assuétude qui génère de la souffrance, elle soigne plutôt qu’elle ne punit.

La note ÉduCaL revient sur les limites de la politique actuelle, les enjeux sanitaires, les effets négatifs de l’approche prohibitionniste ainsi que sur des expériences étrangères qui montrent qu’une autre politique est possible.

La proposition de loi du CAL traduit cette orientation dans un dispositif concret : prévention, réduction des risques, contrôle des produits, accès aux soins, évaluation publique et respect des droits fondamentaux.

Ces publications s’inscrivent dans la campagne internationale Support. Don’t Punish, qui défend des politiques en matière de drogues fondées sur la santé, les droits humains et la réduction des risques.

La campagne belge se clôturera le 26 juin 2026 dès 16h aux Grands Carmes, à Bruxelles, lors d’un après-midi festif et engagé : expositions, performance artistique, apéro convivial et DJ sets seront au programme.

Le CAL invite toutes celles et ceux qui souhaitent ouvrir un débat démocratique, lucide et humain sur les politiques drogues à découvrir la note Éducal, la proposition de loi actualisée et à rejoindre la soirée de clôture de Support. Don’t Punish Belgique 2026.Prévenir, réduire les risques, accompagner : c’est plus efficace, plus humain, et plus conforme aux valeurs laïques de liberté, d’autonomie et de responsabilité. Une politique des drogues réellement efficace doit partir de la santé publique, pas de la punition.

Défiler vers le haut
partager sur