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Laïcité : en finir avec les privilèges religieux d’un autre temps

Date de publication : mer 3 Juin 2026

Le Centre d’Action Laïque a pris connaissance de la proposition de résolution visant à réaffirmer la séparation entre l’Église et l’État déposée à la Chambre des Représentants par le groupe socialiste. Il appelle les parlementaires à voter ce texte ce mercredi en Commission Constitution et renouveau institutionnel. 

Ce mercredi, la Commission Constitution et renouveau institutionnel de la Chambre examinera une proposition de résolution introduite par le groupe socialiste visant à réaffirmer le principe de séparation entre l’Église et l’État et à mettre certaines pratiques institutionnelles en conformité avec les exigences contemporaines de neutralité publique. 

Le Centre d’Action Laïque (CAL) se réjouit de voir inscrites à l’agenda parlementaire des revendications qu’il porte depuis de nombreuses années et invite les parlementaires à soutenir cette initiative essentielle au renforcement de l’État de droit et de la liberté de conscience.

Depuis sa création, le CAL défend une conception exigeante de la laïcité fondée sur la liberté de conscience, l’égalité de toutes et tous devant la loi et l’autonomie du pouvoir politique à l’égard des prescriptions religieuses. Ces principes constituent un socle indispensable de la démocratie et de la cohésion sociale dans une société pluraliste.

La proposition de résolution rappelle opportunément que la neutralité de l’État n’est pas une hostilité à l’égard des convictions religieuses ou philosophiques, mais la condition qui permet à chacune et chacun d’exercer librement ses convictions dans le respect des droits fondamentaux de tous.

Le CAL soutient fermement plusieurs préoccupations exprimées dans ce texte :

  • la nécessité de mettre fin aux survivances protocolaires qui accordent encore aujourd’hui une place privilégiée à des autorités religieuses au sein de l’ordre protocolaire de l’État ;
  • l’exigence de garantir que les autorités civiles et démocratiquement élues occupent une place conforme à leur rôle dans les institutions ;
  • la suppression des références fondées sur le droit du sang et les titres nobiliaires dans l’ordre protocolaire ;
  • la féminisation des fonctions et des intitulés officiels ;
  • la volonté de renforcer la transparence démocratique des règles protocolaires qui structurent symboliquement les rapports entre institutions ;
  • la nécessité de clarifier les relations entre pouvoirs publics et les cérémonies religieuses telles que le Te Deum afin de respecter pleinement le principe de neutralité de l’État.

Pour le CAL, ces questions dépassent largement le cadre du protocole. Elles touchent à l’affirmation par notre société de l’égalité entre les citoyens, quelles que soient leurs convictions, ainsi qu’à la capacité des institutions publiques à apparaître comme les garantes de l’intérêt général et non comme les relais d’une conviction particulière.

À l’heure où les débats sur les droits fondamentaux, l’égalité entre les femmes et les hommes, la liberté de conscience ou encore les droits sexuels et reproductifs demeurent traversés par des tentatives d’ingérence religieuse, il est essentiel de réaffirmer avec clarté que les lois de la démocratie doivent être élaborées par les représentants élus du peuple et non subordonnées à des prescriptions confessionnelles.

Le Centre d’Action Laïque poursuivra son travail de sensibilisation et de plaidoyer en faveur d’une séparation effective entre les institutions publiques et les organisations religieuses, condition indispensable à l’exercice égal des libertés et à la protection des droits humains.

Le Centre d’Action Laïque appelle plus largement l’ensemble des responsables politiques à saisir cette occasion pour ouvrir un débat serein, démocratique et ambitieux sur la place des convictions dans l’espace public et sur les moyens d’affirmer la laïcité de l’État au bénéfice de toutes et tous.

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